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Ce que le son fait au corps

Francesca Boragina
Écrit par Francesca Boragina
28 juillet 2026 · Lecture 4 min
Bols chantants en laiton posés sur un plan de bois, dans une lumière chaude

C'est le soin dont on me demande le plus souvent comment il « marche », et celui que j'ai le plus de mal à raconter. Je me suis formée à la sonothérapie en 2014, après quinze ans de massage, et je pensais y trouver un complément agréable. J'y ai trouvé un outil qui va parfois plus vite que mes mains.

La vibration entre là où la main s'arrête

Un massage travaille de l'extérieur vers l'intérieur : la peau, le fascia, le muscle, et l'on s'arrête là où le corps dit stop. Un son, lui, ne demande pas la permission de la même façon. Posez un bol sur le sternum et faites-le chanter : l'onde traverse la cage thoracique, se propage dans les liquides — nous en sommes largement faits — et atteint des zones qu'aucune pression ne peut atteindre sans être invasive.

C'est particulièrement net sur les régions qu'on ne peut pas masser franchement : le ventre après une opération, un dos en pleine crise, une nuque trop douloureuse pour être touchée. Le son passe, la main non. Je m'en sers alors comme d'une porte d'entrée, et je reviens aux mains ensuite, quand le corps a compris qu'il pouvait relâcher.

Des bols accordés, pas décoratifs

Je travaille avec des bols dits planétaires et des diapasons thérapeutiques, accordés sur les fréquences décrites par le mathématicien zurichois Hans Cousto dans ce qu'il a appelé l'octave cosmique : la Lune Saros, le Soleil, l'Hydrogène, Eros, les deux résonances de Schumann, Géo, Pluton. Chaque instrument sonne une note précise, et non un joli bruit approximatif.

Cela change tout dans la pratique. Un bol juste crée un son stable, tenu, sans battements parasites : le système nerveux peut s'y appuyer. Un bol mal accordé fabrique des interférences que l'oreille ne relève pas consciemment mais que le corps, lui, perçoit comme une irrégularité — donc comme quelque chose à surveiller. Or c'est exactement de la surveillance qu'on cherche à le sortir.

Ce qui se passe pendant la séance

Vous restez habillé, allongé sur la table, couvert. Je pose des bols sur le corps ou tout autour, j'en joue certains à distance, j'approche des diapasons des oreilles ou de zones précises. Il n'y a rien à faire, rien à visualiser, et surtout rien à réussir : le travail se fait que vous écoutiez attentivement ou que vous vous endormiez au bout de dix minutes — ce qui arrive très souvent.

Les réactions les plus fréquentes sont physiques avant d'être mentales : une respiration qui descend d'un coup dans le ventre, des picotements, une chaleur qui se diffuse, parfois un frisson. Certaines personnes voient des couleurs, d'autres pas du tout, et cela n'indique rien sur la qualité du soin. En fin de séance, le silence dure toujours un peu plus longtemps qu'après un massage.

À qui je le propose — et quand je ne le propose pas

Je le recommande volontiers aux personnes qui n'arrivent pas à lâcher sur la table, à celles qui ont du mal avec le toucher, aux mentaux très actifs qui n'entrent jamais dans la détente par la voie habituelle. Il se combine aussi très bien avec un massage : quelques minutes de sons en ouverture, et le corps est déjà à mi-chemin.

En revanche, le travail sonore ne convient pas à tout le monde. Grossesse, épilepsie, port d'un stimulateur cardiaque, implants auditifs, troubles psychiatriques aigus : dans ces situations, on en parle avant, et j'adapte ou je propose autre chose. Et cela reste un accompagnement du bien-être : il ne remplace ni un diagnostic ni un traitement médical.

Francesca Boragina
Francesca Boragina
Masseuse thérapeutique et thérapeute énergéticienne agréée ASCA — Espace Equilibrio, Genève